Archives de Tag: Biodiversité

L’écologie évolutive, un dépassement de la Théorie de l’évolution ?

Face aux élaborations standards, du darwinisme et de ce que l’on appelle « la synthèse néo-darwinienne » Thierry Lodé poursuit son travail critique sur l’évolution du vivant.  Il propose un élargissement de la théorie de l’évolution. Pour cela, il se propose de développer une écologie évolutive qui tienne compte de toutes les relations des êtres vivants entre eux. Pour ce faire, il nous propose d’abord une enquête historique. Il confronte les arguments de Lamarck, de Darwin et du néodarwinisme pour mieux les dépasser. Cette écologie évolutive intègre, à la manière des poupées russes, les différents emboîtements que le vivant élabore à l’aveugle depuis la nuit des temps. Plus que la survie des gènes, c’est plutôt la construction de ces multiples interactions subtiles et délicates qui fait l’histoire évolutive. D’où cette question.

Et si l’observation de la nature nous enseignait que, dans les faits, l’évolution de chacun dépend des autres, de tous les autres.

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Au loup !

Jusque dans certains milieux écolo-libertaires se véhiculent de drôles d’idées noires. Voilà qu’on y crie « au loup » ! Qu’on y fait la propagande de films apparemment documentés, mais à l’argumentaire plus que biaisé, pour exiger la « régulation » des loups en insistant sur les images des carnages et sur la fin de l’agriculture paysanne. Pourtant cette intimidation cinématographique, qui a valeur d’une thèse à charge contre la vie sauvage, ne peut guère faire croire que l’élevage serait en péril en France à moins d’une très grosse manipulation.

Pour 24.7% de « parcs naturels », il n’existe sur le territoire français que 2% de zones en réserve pour le maintien de la faune sauvage quand l’espace naturel et nos montagnes sont de plus en plus avalés par les aéroports, par des barrages, par l’intensification des cultures, par le tourisme et par la croissance urbaine.Il est probable pourtant que cette invasion continuelle des espaces soit de plus en plus incompatible avec la présence de la faune sauvage. Alors, la solution serait, sinon de détruire tous ces animaux qui gênent, au moins de les écarter ailleurs, plus loin encore, de réduire leur prétendue « prolifération » ?

Mais que viennent faire tous ces moutons seuls et sans défenses dans nos montagnes et sur nos caussesPourquoi ces territoires fragiles sont-ils entre les mains de propriétaires terriens qui admettent un pâturage aussi brutal ? D’autant que la plus grande part de la production ovine reste largement industrielle ou quasi industrielle et dépendante des subventions bien qu’elle se présente comme extensive. Il y a environ 7 millions de moutons en France (seulement 38000 en bio soit 0.5%) dont 2 millions pour la production laitière, mais tout cela finit toujours à l’abattoir où un agneau se vend 6 € la tête. Car ce qui menace la filière, c’est le modèle économique lui-même. A peu près 14 tonnes sont exportées sur un total de 65 tonnes soit quasiment 1 agneau produit pour l’étranger sur 5. Dans les élevages, 60% de la mortalité des agneaux survient pendant les 3 premiers jours. Et à l’âge adulte, les conditions atroces du transport des brebis domestiques à des densités réglementaires de 5 moutons par m² (!) durant jusqu’à 19h (mais le voyage peut durer 2 semaines) entraînent à elles seules la mort de milliers d’animaux. Enfin, moins de 1800 élevages ont admis les mesures de protection contre le loup. Or, d’après les chiffres maximum, les loups emportent à peine 0.08% du cheptel un peu avant l’abattoir. Quelle place reste-t-il pour la faune sauvage ? Les lions, les tigres, les panthères et les ours attaquent bien davantage ailleurs, prélevant aussi régulièrement des animaux domestiques. Il existe, même au Canada, des accidents avec les humains. Et j’en suis désolé, du point de la détresse humaine, un paysan espagnol, un ouvrier agricole indien, ou un éleveur tanzanien valent bien autant qu’un producteur d’ovins français.

Les détracteurs du loup répètent toujours la même chose, il faut « réguler ». Mais les éleveurs ont déjà droit à effectuer des tirs de défense pour tuer ou effaroucher les loups qui approchent les herbages. Ils ne s’en privent pas. Il s’ajoute désormais nombre de battues, menées tambour battant. L’élimination exceptionnelle d’individus agressant un troupeau peut se comprendre, mais l’élimination indifférenciée ne s’avère jamais une solution durable. A combien de loups tués s’arrêteront ils ? Car ici, le mot « régulation » n’est qu’une autre forme du mot « élimination ». On tue tout ce qui est vu. On a déjà « régulé » c’est-à-dire tué 33 loups en France (15 femelles et 18 mâles au 30 novembre 2014), soit 11% de la population des 300 loups français (il y a 3000 loups en Espagne), dont des femelles gestantes ou allaitantes. Les chasseurs « régulent » c’est-à-dire massacrent tous les ans 200 000 putois, 150 000 martes, 300 000 belettes et nombre de renards, de blaireaux, de fouines et de visons pour « protéger » leur gibier. Et pourtant, le petit putois de nos campagnes est juste accusé de manger des grenouilles, des lapins et… des rats !

A-t-on été si mauvais dans l’enseignement que l’écologie n’est plus vécue que comme une économie du monde ? Quand et à combien d’animaux tués cesseront ils de dire qu’il y a trop de renards, de loups, de blaireaux ? Cette prétendue « régulation » est une incongruité écologique. Les prédateurs ne prolifèrent jamais. Plus même, chez des animaux vivant en communautés sociales, le groupe familial constitue la clé de la survie. Tuer des loups au hasard entraîne juste l’éclatement des groupes. Le territoire atteint environ 200 km². Les survivants inexpérimentés qui n’ont rien pu apprendre risquent alors de mener une vie plus ou moins erratique et, s’en prenant aux proies les plus faciles, ils peuvent au contraire aggraver le problème des attaques contre les moutons. La proie « naturelle » du loup reste le chevreuil, et le prédateur a besoin d’environ 3 à 5 kg de viande par semaine, soit en moyenne 1 à 2 chevreuils par mois, moins de 2% de ce que l’activité cynégétique tue. Car les chasseurs tuent 500 000 cervidés en France par an et entre 1985 et 2000, le nombre de chevreuils abattus a été multiplié par 4. On le constate, les chiffres n’ont rien de comparable.

Il n’y a pas à être pour ou contre le loup, mais juste à apprendre à vivre avec les animaux sauvages qui nous accompagnent durant notre passage sur cette planète. Vivre avec les animaux comme les agriculteurs biologiques apprennent à cultiver en tolérant les plantes sauvages. Cela n’est pas facile, mais la nature n’est pas la seule affaire des petits propriétaires qui industrialisent nos vies. Notre monde est comme un château de cartes et la biodiversité est nécessaire à notre survie, comme les abeilles et les syrphes pollinisent des millions de plantes à fleurs, depuis nos courgettes à nos assiettes, comme les vers de terre labourent et digèrent des millions de tonnes de déchets et comme les oiseaux, les blaireaux et les fouines dispersent des milliards de graines. On ne sait pas bien à partir de quelles altérations les écosystèmes perdent leur intégrité fonctionnelle mais ôter une carte, puis une autre, encore une autre et c’est l’ensemble de notre monde qui s’écroulera… On a pourtant vu défiler à Paris des cortèges de tracteurs demandant à continuer à user des pesticides encore, et encore.

Au lieu de précariser les ouvriers agricoles, d’exploiter les pauvres et de détruire les milieux naturels, il faut réinventer une agriculture humaine avec des bergers, de vraies communautés et où la survie des uns ne dépendra pas du prix de vente d’animaux regardés comme marchandises, ni de la destruction des autres espèces. Ce n’est pas le loup qui menace l’agriculture paysanne, c’est l’industrialisation de nos vies !

Doit-on considérer la nature comme un espace mercantile dévolu à toujours plus d’échanges marchands ? Doit-on exploiter toutes les « ressources », braconner tous les rhinocéros ? Détruire tous les tigres ? Massacrer tous les putois ? Eliminer tous ces animaux dont on affirme qu’ils dérangent afin de garder seulement des espèces condamnées à perpétuité à être contemplées dans des « réserves » où seuls Mickey et Goofy seraient bien gentiment derrière des grilles ? Partout l’érosion de la biodiversité s’aggrave et la détérioration des milieux s’empire, et, cependant, jamais autant d’éléphants, de tigres, d’hermines et de rhinocéros n’ont été braconnés.

Alors, qui orchestre cette nouvelle fable du loup et de l’agneau ? Je me refuse à vivre dans un monde dépeuplé d’animaux sauvages où la seule réalité serait l’économie de nos vies assujetties aux marchandises. Ce que veulent ces gens-là, c’est une nature vide, bien propre, sans dangers ni animaux sauvages, dépeuplée de tout ce qui en fait l’écologie vitale. Apparemment, les hérauts de« chasse pêche nature et tradition » et autres réactionnaires semblent encore posséder bien de la marge. Ne nous trompons pas d’ennemis. Nous ne voulons pas de ce monde-là, vide des êtres vivants et seulement rempli de leur police, de leurs producteurs et de leurs marchands. Oui, la nature n’est pas un monde de petits pandas gentils, la vie sauvage peut être inquiétante, vivre c’est prendre des risques.

Mais le vrai danger en France, ce n’est pas la survie d’à peine 300 loups sauvages, c’est la gigantesque propagande idéologique de 3 millions de fachos dans l’hexagone.

Thierry Lodé

Clôture de 10 jours 10 conf’ : une conférence sur les drôles de mœurs sexuelles des animaux

Agenda10jours10conf_OK-1-110 jours 10 conf’, un bon démarrage.Se cultiver autrement ? De Chanel à la sexualité des animaux, en passant par 1914 ou le hip-hop, l’Université d’Angers propose depuis le 4 novembre, en partenariat avec ses partenaires culturels, les 10 jours de la conf. À mi parcours, le bilan est déjà positif puisque 250 personnes, dont une majorité d’étudiants, ont déjà assisté aux cinq premières conférences.  Suivies ou précédées de spectacles, de performances ou d’expositions, les soirées sont gratuites et ouvertes à tous et portent sur des thématiques variées et originales.

Encore 5 conférences à venir :
10 nov. à 18h30 – 10+10=33 : le hip hop n’est pas ce que vous croyez, la preuve en 20 disques incontournables
12 nov. à 18h00 – Création lecture-spectacle pour clôturer une journée d’étude sur le thème 1914 et la littérature
12 nov. à 20h30 – Parlons des pressions
13 nov. à 12h30 – La production artistique contemporaine : le dessin au XXè siècle, une aventure hors des sentiers battus
13 nov. à 19h30 – Pourquoi les animaux trichent et se trompent : les infidélités de l’évolution – L’évolution humaine
Découvrir le programme détaillé sur internet ou en pièce jointe.

En clôture de la semaine : « Pourquoi les animaux trichent et se trompent : les infidélités de l’évolution »
Le biologiste Thierry Lodé, professeur en écologie évolutive à l’Université d’Angers, clôturera cette série de conférence le jeudi 13 novembre à 19h30. Son propos sur les drôles de mœurs sexuelles des animaux ne sera qu’un prétexte à une plus vaste réflexion : d’où vient l’incroyable foisonnement vivant de notre planète.

Exposition Bêtes de sexe

Interview du site lerideau.fr.

Thierry Lodé, Bêtes de sexe

Titres non retenus : « La « synthèse évolutive moderne » est actuellement bien branlante », « Les canaris sont capables d’avoir des orgasmes à n’en plus finir », »Pourquoi est ce que la sexualité est apparue un jour ? »

À l’occasion de l’exposition Bêtes de sexe au Palais de la Découverte, nous avons interrogé Thierry Lodé, biologiste, professeur en écologie évolutive et spécialiste de la sexualité chez les animaux, en vue de nous éclairer sur les dessous de l’exposition. Décryptage.

Le Rideau : pourquoi dit-on que la sexualité reste le plus grand problème de la biologie de l’évolution ?

Thierry Lodé : C’est un projet majeur parce que la sexualité complique terriblement les mécanismes reproducteurs ! Normalement, on pourrait très bien se reproduire sans sexualité, de nombreuses espèces le font, comme les vers. Et puis l’évolution a inventé ce dispositif au cours du temps, à savoir, partager en deux les cellules, supprimer de l’ADN…Tout cela, pour arriver, au final, à un résultat simple : avoir des descendants. La question évolutive qui se pose donc, c’est « Pourquoi est ce que la sexualité est apparue un jour » ?

Alors comment peut-on définir la sexualité ?

Le fait est que, pour l’instant, la question n’a pas été résolue ! Et c’est le principal reproche qu’on nous adresse : « Vous nous parlez de quelque chose de très compliqué et vous ne savez même pas nous dire d’où cela vient ! » Selon moi, pour comprendre le sens de la sexualité, il faut chercher aux origines et comprendre d’où vient le sexe. C’est pourquoi on en reste à chercher les avantages de cette sexualité pour pouvoir l’expliquer.

Bêtes de sexe

Dans ce cas, faites-nous partager votre théorie : d’où vient le sexe ?

Pour moi, c’est une théorie un peu révolutionnaire qui consiste à dire que le sexe s’est formé par petites étapes, et que ce n’était pas prévu du tout au départ ! Toutes les cellules qui sont composées de noyaux (plantes, animaux…) procèdent en fait, dès le début, à un réel échange d’ADN, puis sont capables de le réduire. Cette richesse d’ADN va leur donner une capacité à modifier leurs protéines, ce qui va leur permettre de trouver de nouvelles sources de nourritures et de changer leur manière d’être dans l’environnement. Tout va s’additionner, pour fabriquer peu à peu des êtres sexués.

Quels sont les avantages du sexe alors ?

Les biologistes cherchent à savoir quels en sont les avantages, mais ils n’y arrivent pas. Il y a eu beaucoup de publications qui ont montré que grâce au sexe, il y avait plus de variation de l’ADN et que l’on avait une meilleure résistance. En parallèle, il y a plein d’autres scientifiques qui démontrent que cela ne marche pas.

Selon moi, ce n’est pas un avantage à long terme, c’est une espèce d’obligation depuis qu’on est doté d’organes sexuels : on a inventé le sexe et il faut donc faire avec. Cela n’offre finalement pas plus d’avantages, par contre, comme cela peut en offrir dans certains cas, on continue quand même à le pratiquer. En revanche, cela conduit à plein de problèmes, dont la guerre des sexes ! La sexualité n’est pas une solution à la reproduction, elle en est au contraire une complication !

Selon vous, la sexualité est-elle le critère principal pour expliquer le comportement des animaux?

En grande partie ! C’est même fondamental. On voit que 95% des espèces utilisent le sexe et passent énormément de temps à en faire ! Tout s’est organisé autour de cette capacité à rencontrer les autres, échanger les ADN et à produire des descendants. Toutefois, la sexualité n’a pas de rapport forcé avec la reproduction. Des espèces peuvent très bien produire des descendants sans y avoir recours (les paramécies, vers). Parallèlement, d’autres sont capables de faire du sexe sans avoir de descendants. C’est petit à petit que les deux choses se sont mises ensemble, parce que finalement, ça s’est avéré comme cela, par hasard.

Quels points communs y a-t-il entre la sexualité humaine et animale ?

L’énorme chose, c’est qu’il faut tomber amoureux pour faire du sexe ! Du moins, être gouverné par toute une série de processus émotifs, qui vont nous conduire, pas à pas, à être ensemble. Et cela nécessite un consentement : c’est le problème majeur. Les deux individus vont être séparés, il y a un sexe fécondé et un fécondant. Mais pour se rencontrer, il va falloir que les deux soient d’accord. L’évolution a été confrontée à ce problème : comment fait-on pour se mettre d’accord ? C’est de là que viennent toutes les parades sexuelles, les mots d’amour, les troubadours de la nature (ce que l’on voit dans cette exposition). Tous les sens sont mis à contribution ! Tout est en jeu ; les couleurs, les odeurs, les comportements, les mouvements. C’est une débauche de moyens pour pratiquer cette activité émotionnelle, qui bouleverse et qui n’a pas de sens. La relation amoureuse et la relation plus bestiale n’existent pas l’une sans l’autre.

Bêtes de sexes, exposition, palais de la découverte

Il y a donc aussi des sentiments chez les animaux ?

Bien entendu ! Aussi bien ce côté amour que ce côté plaisir. Par exemple, les canaris sont capables d’avoir des orgasmes à n’en plus finir. Il y a une espèce qui peut atteindre jusqu’à 380 orgasmes en une journée ! Donc il y a bien cette recherche de plaisir, que l’on retrouve dans les masturbations de nombreuses espèces, telles que les fellations que pratiquent les grands singes ou les chauves-souris. Derrière tout cela, il y a toute une question émotionnelle qui est présente, notamment, ce qu’on va faire pour rester ensemble, pendant combien de temps, comment va-t-on réussir à se gouverner l’un l’autre. On se rend compte qu’une chose va être essentielle, c’est que le délire amoureux va être gouverné par une chose toute simple, que l’autre soit différent.

C’est donc la diversité que l’on recherche dans la sexualité?

En effet ! Chaque individu va avoir comme amoureux celui qui est différend de lui. On est attiré par un système immunitaire autre que le nôtre. Il y a deux conséquences à cela : d’abord, on fabrique de la diversité du point de vue génétique. Enfin, cela implique que si l’on rencontre une autre personne différente de nous, on sera comme tenté de reproduire l’expérience avec elle. Fidèle ou non ! On peut, comme le castor ou l’albatros, rester longtemps avec la même partenaire quand on est investi dans une relation. Ou bien décider d’aller tenter l’expérience ailleurs !

Ce qui pose donc la question de la monogamie. Une des questions qui est posée aux visiteurs à la fin de l’exposition, c’est  : « Les humains doivent-ils être monogames »…

C’est pour cela que la monogamie est comme un bouleversement, une anomalie, une exception de la nature ! Car à priori, on pourrait tous chercher des partenaires différents. Cette monogamie est souvent contrainte par l’environnement. Celle des manchots par exemple, avait été parfaitement décrite dans le film La Marche de l’Empereur, où l’on voit bien que si l’un des deux partenaires ne fait pas son travail,  l’oisillon est sûr de mourir. On appelle cela la théorie de la destruction mutuelle assurée. On est monogame, si on est certain qu’on ne peut pas faire autrement. Grossièrement, toutes les espèces sont polygames !

Même pour l’Homme ?

Oui. Il n’y a qu’à regarder le nombre croissant de divorces ! On fait des essais, des erreurs. Après, il ne faut pas faire de généralité absolue. Ce n’est pas parce que certaines espèces sont polygames que toutes les autres changent de partenaires, non. En moyenne, une grande majorité l’est, que ce soit du côté animal ou des humains.

À la fin de cette exposition, l’idée qui ressort c’est que chez les hommes, on cherche avant tout à se reproduire. L’objectif étant le sexe. L’amour serait donc réduit à une  façon parmi tant d’autres pour y parvenir…

C’est un point avec lequel je suis en désaccord total avec l’exposition comme avec beaucoup de chercheurs néo-darwiniens qui parlent de la « synthèse évolutive moderne », qui est actuellement bien branlante ! Pour beaucoup, c’est la théorie dominante selon laquelle, nous serions sur cette planète pour laisser nos gènes. Les êtres vivants n’ayant donc pas grand intérêt, puisqu’ils seraient des « machines à se reproduire ».

Ce qui, selon moi, est totalement faux. D’abord, parce qu’en observant l’évolution, on se rend compte que plus on avance, moins les espèces se reproduisent (paradoxe de Cole). C’est donc bizarre qu’une espèce désireuse de laisser ses gênes fasse peu de descendants. Deuxièmement, on a des espèces suicidaires, pensez au saumon pacifique qui se reproduit une fois dans sa vie et meurt ensuite, comme les mâles de fourmis. Enfin, c’est la mort. Il y a longtemps que génétiquement on devrait avoir acquis la capacité à vivre plus longtemps (si l’on désire avant tout laisser le maximum de descendants !). Or on vit plus vieux, principalement grâce à une meilleure hygiène et une médecine pour soigner. Aucune espèce n’a acquis cela. Même en prenant certains poissons qui vivent 400 ans, à l’échelle de l’évolution, ce n’est rien !

L’amour n’est donc pas une donnée à négliger, de même que laisser ses gênes n’est pas une loi évolutive primordiale?

Si on pratique du sexe au départ, ce n’est pas pour faire des enfants. C’est parce que l’on rencontre un individu qui va nous bouleverser, parce que son système immunitaire est différent. Puis cela va entrainer, petit à petit, un bouleversement du cerveau (Amour) et ce n’est qu’après, que l’on va penser à avoir une descendance.

Il faut du temps, un consentement, un processus. Je crois que l’on est plus attaché à la survie des individus qu’à la préservation des gênes, comme le montrent les mères kangourous, qui, lorsqu’elles sont pourchassées par des prédateurs et si leur petit les retarde, s’en débarrassent pour se sauver.

Bêtes de sexes, exposition, palais de la découverte

Pour vous la sexualité chez l’homme est plus complexe que chez celle des animaux ?

C’est un peu plus complexe dans la relation de consentement. C’est parce que l’on a un degré de complexité dans nos relations qui est plus grande et que la culture, par exemple, entre en jeu.

Après, la sexualité se ressemble des deux côtés. Comme chez les animaux il y a des homosexuels, des viols, des pervers, des conflits… Il n’y a pas une stratégie qui est meilleure que l’autre, elles sont simplement différentes. C’est le système de l’évolution qui conduit à produire de la différence.

Quel est le problème avec la théorie des darwinistes ?

C’est de dire, grossièrement, que l’on cherche à produire les meilleurs gènes, que se sont les individus les plus forts qui se reproduisent. Or, si c’était vrai, il y a bien longtemps qu’on serait tous pareils et que la diversité génétique n’existerait plus.

Si, par exemple, on cherchait à faire comme le paon, toutes les femelles seraient attirées par le même mâle, on serait alors depuis longtemps tous les enfants des plus beaux.

En revanche, cela aurait eu pour conséquence, puisque c’est un tri, de réduire la quantité de gènes. C’est là que réside le problème de la théorie de « la sélection naturelle ». Alors qu’avec les nouvelles théories évolutives, tout le monde est le partenaire de quelqu’un d’autre, simplement parce qu’il est différent.

Dans la réalité, ce qui compte, ce n’est pas la séparation, c’est la relation. C’est ce qu’on souligne avec cette « écologie évolutive ». C’est cela que le sexe met en exergue, qui montre que tout est question de coévolution.

Quel est le message de l’exposition Bêtes de sexe, qu’est-ce qu’elle veut mettre en avant ?

Ce qu’elle met en évidence, c’est qu’en biologie, toutes les conduites sexuelles sont possibles, il n’y a pas de normes. La norme, le normal et l’anormal n’existent pas. La plus grande diversité est présente. C’est grâce à cette dernière que l’on va réinventer la diversité et que la vie est possible sur la planète.

 

Résultats des questions posées à la fin de l’exposition mai 2013

 

–       Croyiez-vous à l’amour vrai ?

Oui : 68012

Non : 33462

Peut-être : 40755

–       Les humains doivent-ils être monogames?

Oui : 51659

Non : 39512

Parfois : 51747

–       À quoi sert le sexe ?

Procréer : 40727

À se distraire : 34080

À l’intimité : 39180

–       L’amour sans sexe vaut-il mieux que le sexe sans amour ?

Oui : 37773

Non 40944

Je ne sais pas : 38992

 Thierry Lodé, Bêtes de sexe

Interprétation du spécialiste :

La thématique émotionnelle prend parfois le pas, et je crois que c’est ce qui explique en grande partie le côté moral dans ces réponses, comme le fait que le sexe sert en majorité à la procréation. Et si cela ne servait qu’à cela, pourquoi existerait l’amour, les émotions ? On voit bien que l’amour a besoin du sexe et que le sexe a besoin d’amour. Les deux sont étroitement liés, même si l’on peut le pratiquer séparément ! Cependant, on a souvent tendance à penser que les animaux vont pratiquer du sexe bestial, or, hormis quelques canards malveillants, c’est bien loin d’être le cas !

 

Exploits et anecdotes :

 

Les coraux de la Grande barrière pondent au même moment, donnant lieu au plus grand acte de reproduction collective de la planète.

Les pingouins mâles offrent des galets aux femelles, en vue de réchauffer le nid pour la fécondation.

En léchant l’urine des femelles, les girafes mâles peuvent savoir si elles sont fertiles.

Les chimpanzés ont des testicules 4 fois plus gros que celles d’un gorille : signe d’incertitudes au sein de leur société.

450. C’est le nombre d’espèces qui ont présenté des signes d’homosexualité.

Le pénis d’une bernacle mesure jusqu’à 30 fois la longueur de son corps.

Les femelles du lézard à queue en fouet se clonent elles-mêmes par accouplement et stimulations mutuelles. Il n’y a plus de mâles.

 

Infos pratiques :

Bêtes de sexe, la séduction dans le monde animal, jusqu’au 25 août 2013

Palais de la Découverte – Avenue Franklin Delano Roosevelt – 75008 Paris

Ouvert du mardi au samedi de 9h30 à 18h – dimanches/jours fériés de 10h à 19h

Tarifs : 8€, TR 6€ (-25 ans, étudiants, familles nombreuses)/ gratuit pour les -6ans

Renseignements : www.palais-decouverte.fr

Sexualité : les animaux ne manquent pas de pratiques !

Article de Futura Sciences.

Bien souvent, on résume la sexualité animale à la reproduction. Pourtant, l’Homme et les autres animaux s’adonnent à des pratiques diverses et variées qui montrent bien que l’acte sexuel n’est pas limité à la procréation : la masturbation, la fellation et la sodomie ne sont pas, en effet, seulement des pratiques inhérentes à l’humain.

« S’il devait exister une norme dans l’activité sexuelle des animaux, ce serait la diversité des pratiques. » Cette phrase vient de Thierry Lodé, spécialiste français de la question. L’espèce humaine n’est pas ignorante en la matière. De bons conseils sont même donnés dans le célèbre Kâmasûtra, livre indien écrit entre le VIe et le VIIe siècle. De leur côté, si les animaux ne savent ni lire ni écrire, ils sont tout à fait capables de faire preuve d’imagination lors de ces moments privilégiés. D’ailleurs, ils ne s’en privent pas !

« Il ne faut pas confondre acte sexuel et copulation, reprend le chercheur. Il existe beaucoup d’autres pratiques dans le milieu naturel. » Ceux qui ont un chien mâle à la maison en savent quelque chose : il est parfois envahi par le désir de se masturber. Les primates en général, les kangourous, mais aussi les tortues ou les criquets ne se gênent pas non plus.

Après l’onanisme du criquet, la fellation de la chauve-souris

Malgré tout, le sexe, c’est mieux à deux. Or, on a tendance à penser que dans le règne animal, il se limite à un rapport génital entre mâle et femelle. C’est faux. La fellation se pratique aussi chez nos plus proches cousins. Mettons de côté les bonobos, connus pour leur libertinage. Les orangs-outans n’hésitent pas à goûter aux plaisirs du sexe oral. Plus éloignée de nous dans l’arbre phylogénétique, la chauve-souris s’y adonne aussi, ce qui a valu à ses découvreurs le prix Ig Nobel 2010 de biologie. Une belle consécration.

Comme le démontre cette vidéo, la chauve-souris Cynopterus sphinx pratique la fellation. Cela prolongerait l’accouplement et augmenterait les chances de fécondation. © Madbal, YouTubeLa sodomie aussi se retrouve chez nos amis les bêtes. Chimpanzés, chiens, rats, taureaux… Elle a été observée chez de nombreuses espèces, et pas seulement lors de pratiques homosexuelles. Pourtant, elle n’a pas fait l’objet de vastes investigations de la part des scientifiques, qui ont sûrement encore beaucoup à découvrir sur la question.

Les pratiques sexuelles limitées par l’anatomie

Quand vient l’heure du rapport génital, l’espèce humaine n’a pas, là non plus, le monopole des positions. « Si le missionnaire est [la position] la plus utilisée chez l’Homme, gorilles ou orangs-outans aussi font l’amour en face-à-face, précise Thierry Lodé. Cette position a même été observée de manière exceptionnelle chez les chiens. Cependant, du fait de leur anatomie, elle est rendue très difficile. » Les contraintes anatomiques de la position du missionnaire expliqueraient pourquoi elle se retrouve surtout chez les grands singes hominoïdes.

Notre bipédie nous permet d’exprimer plus librement nos désirs et de diversifier davantage notre façon de faire, dans certaines limites, toutefois. « La sodomie est très peu pratiquée à la missionnaire chez l’espèce humaine, mais beaucoup plus généralement dans une position de levrette. Nous nous adaptons à la position et à la conformation de nos organes, nous aussi ! »

Autrement dit, la sexualité animale ne se donne pas d’autres limites que celles que le corps impose. Diverses, les pratiques ne sont pas toutes vouées à la reproduction : la preuve que le sexe n’a pas pour unique vocation la procréation. Il y a aussi, dans l’ensemble du règne animal, une dimension de plaisir.

Séduction : t’as d’belles phéromones, tu sais ?

Article de Futura Sciences.

Par Janlou Chaput, Futura-Sciences

Avant acte sexuel, il y a souvent séduction. Et si certains sens semblent plus utilisés que d’autres selon les espèces, il ne faut pas négliger l’ensemble des informations sensorielles qui émanent de l’être désiré. L’Homme, comme le papillon, se laisse par exemple envoûter par les phéromones du partenaire, comme l’explique à Futura-Sciences Thierry Lodé, grand spécialiste français de la sexualité animale.

Les espèces ne peuvent se perpétuer que si elles se reproduisent. Or, elles ne le font pas de manière hasardeuse. En 1871, Charles Darwin décrivait déjà dans son ouvrage La Filiation de l’Homme une notion nouvelle dans les sciences naturelles : la sélection sexuelle.

En approfondissant ses réflexions sur la sélection naturelle, il est le premier à avoir compris que chez les espèces sexuées, l’appariement était la conséquence de sélections, basées sur un certain nombre de critères. De la même façon que deux êtres humains se choisissent pour fonder une famille, les animaux ont eux aussi leurs propres fondements pour déterminer leur partenaire.

Ainsi, chacun met tout en œuvre pour plaire à l’autre sexe. Comment cela se passe-t-il ? Thierry Lodé, éthologue et spécialiste en écologie évolutive aux universités de Rennes 1 et d’Angers, donne à Futura-Sciences son point de vue sur la question.

Ne négliger aucun sens dans la sélection sexuelle

« Chez l’Homme comme chez les autres espèces animales sexuées, la séduction repose sur un ensemble de paramètres qui mettent en jeu tous les systèmes sensoriels. La question amoureuse est tellement importante qu’en général, on utilise tous les canaux à notre disposition », explique-t-il. Se mêlent alors des mécanismes conscients et inconscients qui vont animer l’individu.

« Il ne faut surtout pas rater une occasion lorsqu’elle se présente. La vue, l’odorat, le toucher et l’ouïe sont réquisitionnés et interviennent tous ensemble, aussi bien chez nous que chez les animaux. C’est la combinaison de tous ces facteurs qui font que l’on est séduit (ou pas) par l’autre », ajoute le chercheur.

Certains papillons seraient capables de détecter un partenaire sexuel dans un rayon de 10 km grâce à leurs phéromones. Pourtant, si elles jouent un rôle indispensable dans la reproduction de ces espèces, elles ne sont pas les seules à intervenir.
Certains papillons seraient capables de détecter un partenaire sexuel dans un rayon de 10 km grâce à leurs phéromones. Pourtant, si elles jouent un rôle indispensable dans la reproduction de ces espèces, elles ne sont pas les seules à intervenir. © Darkone, Wikipédia, cc by 2.5

Tomber amoureux par l’odeur

Si un physique, une voix et de la tendresse peuvent créer une inclination, nous n’avons pas consciemment le sentiment d’accorder beaucoup d’importance à ce que nous révèle notre nez. Pourtant, certains travaux scientifiques (parfois controversés) révèlent l’influence des émanations dans le sentiment amoureux chez l’Homme.

Par exemple, des études montrent que les femmes préfèrent les odeurs de sueur des hommes dotés d’un système immunitaire complémentaire au leur, de façon à engendrer une descendance très bien armée pour résister aux maladies. D’autres racontent que la copuline, une phéromone sécrétée par le vagin des primates (donc aussi par celui des femmes), indiquerait aux mâles la disponibilité sexuelle. Faut-il y croire ?

Des baisers pour découvrir les secrets de l’autre

« Les phéromones jouent un rôle dans la séduction chez l’Homme, tout comme la beauté, la parole, l’activité sociale, etc., reprend Thierry Lodé. On a souvent tendance à résumer l’attirance par un ou plusieurs canaux sensoriels dans le monde animal et à négliger les autres. On connaît par exemple l’importance des phéromones chez les papillons. Mais à elles seules, elles sont insuffisantes, et les autres sens interviennent avant ou après pour permettre l’accouplement. Même si leur part dans la séduction humaine est nettement moins forte, elles contribuent, à un certain niveau, au sentiment amoureux. »

Un autre exemple marquant est celui du baiser. « Hommes et animaux cherchent dans la salive de l’autre, à proximité de l’organe voméronasal [spécialisé dans la détection des phéromones, NDLR] du palais, à mieux cerner le système immunitaire du partenaire afin de déterminer la compatibilité. » Une immunité différente implique une complémentarité et une descendance plus résistante aux maladies, exactement comme avec la sueur. « D’où le refus de parenté dans le sexe, allant à l’encontre de la diversité », souligne le spécialiste.

Toutes les informations se mélangent dans notre cerveau qui analyse l’ensemble des données, et tombe parfois amoureux. « Il est impossible de résister au désir », conclut Thierry Lodé. Les corps se rapprochent : ils s’apprêtent enfin à passer à l’acte.

Sexe des bêtes – bêtes de sexe sur Radio Prun’

Le labo des savoirs, mercredi 28 novembre à 19h

Sexe des bêtes – bêtes de sexe

La sexualité, pourquoi existe-elle ? Y a-t-il un avantage à la pratiquer finalement ? Le Labo des savoirs explore ces questions et vous présente la guerre des sexes chez les animaux avec notre invité Peter Beninger, chercheur biologiste à l’Université de Nantes. Car même chez les animaux, les sexes ne sont pas d’accord…

L’un des meilleurs spécialistes de la sexualité animale, Thierry Lodé, professeur à l’Université d’Angers nous fait découvrir l’origine biologique des bisous ! Il nous parle également de ses recherches sur le putois d’Europe, de leur homosexualité et de la biodiversité amoureuse dans le monde animal.

Découvrez-y de stratégies féroces et de bizarreries amoureuses telles les pratiques cannibales des araignées, les cris des tortues géantes, les chants des grenouilles, le kidnapping des crabes et l’incroyable amour fusionnel de la Baudroie Abyssale. Les petits poissons mâles de cette espèce sont incapables de se nourrir seul. Ils doivent impérativement rencontrer une femelle pour survivre et, une fois trouvée, s’accrocher à elle, à tel point que leurs tissus fusionnent pour toute leur vie…

Une émission du Labo des savoirs pour tout savoir sur des bêtes de sexes et le sexe des bêtes.

Le Rendez-vous des curieux :

– La guerre des sexes chez les animaux, Thierry Lodé, Odile Jacob, 2006
Une savoureuse description des stratégies et des bizarreries amoureuses du monde animal.

– La biodiversité amoureuse – sexe et évolution, Thierry Lodé, Odile Jacob, 2011
Une réflexion aboutie sur l’évolution des espèces qui remet en question le Darwinisme classique.

Une émission animée par Pauline Lebel, Mariette Libouthet et Elisabeth Nogues, dirigée par Gabriele Hess-Fernandez.

« La sexualité animale » (France Inter le 07/11/12)

Thierry Lodé était invité le 07 novembre dernier dans l’émission « La tête au carré » sur France Inter.

Réécoutez l’émission : http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-la-sexualite-animale

sexualité animale © Radio France – 2012 / romain guy

« Bêtes de sexe – La Séduction dans le monde animal », l’exposition consacrée à la diversité des méthodes de séduction et de reproduction dans le monde animal et végétal se tient au Palais de la Découverte depuis le 23 octobre dernier.

 « Bêtes de sexe » expose plus de 100 spécimens d’animaux naturalisés, des photos, des films, ainsi que des courts métrages sur la sexualité animale réalisés par Isabella Rossellini.

Pourquoi la nature a-t-elle inventé la sexualité ? Pourquoi les femelles sont-elles particulièrement exigeantes dans le règne animal ? Comment les mâles s’assurent-ils de leur paternité ?

 Comment le sexe a-t-il tout changé dans l’évolution ? Comment la sexualité s’est-elle imposée comme la forme dominante de reproduction pour plus de 95% des espèces animales ?

Plaintes et soupirs amoureux, chasse et désir… L’évolution est-elle un roman d’amour ou plutôt une guerre des sexes ?

 

avec Thierry Lodé, professeur d’Écologie et d’Ethologie animale aux Universités d’Angers et de Rennes. Il est l’auteur de La Biodiversité amoureuse, le sexe et l’évolution et La Guerre des sexes chez les animaux, une histoire naturelle de la sexualité, parus aux éditions Odile Jacob.

>>> Visiter le site de Thierry Lodé

et Marie Canard, biologiste, responsable de l’unité « Sciences de la vie » d’Universcience. Elle a travaillé sur l’exposition « Bêtes de sexe – La Séduction dans le monde animal ».

Thierry Lodé | La biodiversité amoureuse : sexe et évolution