Sous le voile de l’état policier…

Il s’en cache des choses dans la tête des politiques ! Même sans voiles… Savez-vous, qu’au nom de la liberté des femmes, on s’apprête à interdire, sur la voie « publique » le port du casque de moto, du foulard hivernal, du déguisement de carnaval, du masque chirurgical ou de toute autre voilette qui troublerait votre identification par les gens d’armes et leurs caméras. Comme toujours, dans la tête de ceux qui font profession d’être des élus politiques, il s’agit d’abord d’un renfort de l’état policier.

La fameuse loi dite de « l’interdiction de la burqa » ne fait guère dans le détail. Elle comporterait en effet deux articles majeurs, le premier interdisant toute dissimulation du visage et le second sanctionnant toute personne incitant à cacher son visage. Rien qu’en protestant ici contre cette loi qui se maquille, ne serais-je pas déjà punissable en tant que j’inciterais à refuser d’être identifiable, que je pousserais à la dissimulation ?

Loin d’un enjeu prétendument laïque, la loi devient clairement un appui à la répression policière. Cornegidouille ! S’il s’agissait de libérer les femmes de la domination coercitive des adeptes imbéciles de pénis supérieur, que ne se limite-t-on pas à corriger ces mâles tourmentés par la féminité visible ? S’il s’agissait de réduire l’emprise hystérique des superstitions religieuses, que ne libère-t-on pas l’espace public des calvaires, minarets, kipas et autres soutanes ? S’il s’agissait enfin d’aspirer à la société des bisounours et du « mieux vivre ensemble », que ne rend-on pas publics les milles secrets des horreurs archivées ? Que n’ouvre-t-on l’espace aux handicapés obligés de se frayer un chemin à travers mille obstacles marchands ? Enlevons du moins les monstrueuses cagoules des GIGN et autres maréchaussées affectées à notre surveillance.

Et si je voulais, moi, me masquer ? Si je refusais d’être identifié jour et nuit dans mes activités quotidiennes qui ne regardent que moi ? En quoi cette liberté trouble-t-elle celle d’autrui ? Voilà, ceux qui nous dominent savent bien pousser le curseur de la démocratie apparente vers la dictature des lois « d’exceptions » dès que le peuple dérange leurs affaires. Les vérifications d’identité s’avèrent déjà une brimade scandaleuse qui révolte tous les défenseurs des droits humains et voilà que le contrôle s’aggrave encore.

Bien sûr, la législation contre ce voile ignoble qui prétend grillager de soi-disant immaculées donzelles face à la concupiscence, a ouvert la porte à d’autres zélateurs. Nous voilà de plus en plus visiblement dans une société qui est en train de nous enfermer, sous l’allégation de lutter contre la mascarade des intégristes, dans un état définitivement policier. Ne nous trompons pas de croisière, la loi sur le voile reste bien un prétexte de droite…

Les multiples pores de respiration de la liberté des individus sont peu à peu étranglés et déformés. Contrôlés, espionnés, surveillés, fliqués chaque jour davantage. Comment pourrait-on accepter cette intrusion continuelle dans nos vies ? Autour de nous s’organise toujours l’autoritarisme et la France reste une des sociétés les plus répressives. En quelques années, la répression policière est devenue l’une des pires d’Europe contre toutes les marginalités. Demandez aux déportés de l’économie, immigrants, enfants pauvres ou minorités sexuelles, la France n’a déjà plus rien d’une société d’hospitalité, d’égalité ou de fraternité et on se résigne à voir bien des droits humains fondamentaux quitter jusqu’à nos souvenirs. La société de surveillance et l’omniprésence biométrique s’est construite derrière la fatigue de nos rebellions.

Sous le voile, c’est encore la liberté qu’on attaque…il y a eu d’autres soutanes et d’autres bonnes sœurs dans nos contrées et c’est finalement la liberté des mœurs qui a eu raison d’eux…rien d’autre que l’aspiration à la liberté.

Car, n’en doutez pas, la volonté de liberté des peuples est une force qui chemine….

Thierry Lodé
Professeur d’écologie évolutive

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