Le réchauffement climatique, Une vérité qui dérange…si peu.

Voilà. Le « Grenelle de l’environnement » est passé et qu’apprend-on ?
Que pour sauver la planète, il suffit de vendre du gaz carbonique comme une marchandise de plus. L’ozone n’a pas eu autant de succès. En outre, cette « vérité » a été associée à un « grand exercice démocratique » puisque qu’on est allé jusqu’à autoriser certains à poser une question. Ici la démocratie consiste à interroger la personne qui décide du consensus. Pourtant, de Nicolas Hulot aux « Amis de la terre », tout le monde semble se féliciter de cette grande reconversion des marchands pour la protection de la planète. Il est vrai que l’éducation écologique est désormais évoquée, que des contraires ont pu se parler et que chacun a mesuré cette nouvelle préoccupation du devenir de la planète.

Alors ne faut-il donc que bouder le plaisir ce grand évènement écologique ?

Il semble bien pourtant qu’on nous réserve encore cette vieille recette de l’environnementaliste et l’économie de la poubelle. Qui dérange-t-elle cette vérité climatique ? Al Gore et Sarkozy nous assènent que l’écologie est maintenant compatible avec la croissance économique puisqu’il suffit simplement de dissoudre l’écologie dans le capitalisme.

Elle est soluble, il est vrai, cette écologie là, qui propose une amélioration du bilan thermique des habitations, des transports et un perfectionnement de la production agricole et industrielle. Il reste quelques oubliés, la biodiversité par exemple, c’est-à-dire, tous les autres habitants animaux et végétaux de cette planète terre. Nous serions à la veille d’une réorganisation de l’économie nord/sud, avouant que le pillage de la planète doit être un peu plus modéré. L’agriculture dite « raisonnée » est présentée comme une nouvelle panacée, concédant qu’auparavant, l’agro-industrie était, pour le moins, déraisonnable. L’agriculture « raisonnée » va donc poursuivre l’éparpillement des pesticides, mais de manière « écologique ». La dissémination des OGM serait, de même, réduite jusqu’en janvier, c’est-à-dire durant le repos végétatif hivernal, ce dont on se doutait un peu.

Si l’écologie se résume à une morale de production, elle pourra, peut être, limiter le travail des enfants dans les industries, réduire le bilan thermique, diminuer le ravage des mers et des forêts, « raisonner » l’emploi des herbicides, et nous pourrons même l’écrire sur du papier recyclé. C’est déjà beaucoup. Est-ce assez ? Voilà, la grande reconversion éco-environnementale de la marchandise est en cours et elle se vend plutôt bien…

Thierry Lodé
Professeur d’Ecologie évolutive

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